#RFI: « Contestation sociale en Tunisie: la mobilisation s’essouffle »

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Le premier appel à manifestation national de Fech Nestannew ressemble à un échec. Une centaine de personnes étaient présentes à Tunis vendredi après-midi. Et peu de rassemblements ont été signalés en région, si ce n’est à Sfax, la seconde ville du pays, où environ 200 personnes ont manifesté. Les protestations semblent donc marquer le pas.

Il est vrai que si les manifestations nocturnes avaient déjà montré une accalmie, on aurait pu s’attendre à plus de participation. Car à en croire les sondages la plupart des Tunisiens sont mécontents de la loi de Finances.

Alors selon Mohamed Dhia Hammami, un analyste politique, c’est d’abord l’organisation qui est défaillante : peu de personnes sont disponibles un vendredi à 13h. La communication a été insuffisante, et, point non négligeable, il a plus abondamment sur la capitale toute la journée.

Mohamed Dhia Hammami cite par ailleurs l’effet dissuasif de la forte présence policière, alors que près de 800 personnes ont été arrêtées. Il y a enfin la couverture des événements par les médias locaux, très focalisés sur les violences. Il rejoint en cela la Haica, l’instance indépendante de contrôle de l’audiovisuel en Tunisie, qui a appelé les médias à ne plus assimiler systématiquement les manifestants aux casseurs.

Du côté de la campagne Fech Nestannew, qui espérait ratisser large avec son appel à manifester, la participation en berne est une déception.

Une centaine de manifestants à Tunis

Les militants du mouvement ont en effet rassemblé environ une centaine de personnes sur l’avenue Bourguiba. Très encadré par un dispositif policier, le défilé a repris les slogans de la révolution qui a renversé la dictature il y a sept ans. Pain, liberté, dignité nationale sont les mots d’ordre du mouvement.

« Nous sommes des activistes dans plusieurs domaines ici en Tunisie. Nous sommes en général des jeunes, il y a des artistes, des activistes politiques, des activistes au sein d’ONG », explique Dresdé Rafik, l’un des cadres du mouvement Fech Nestannew.

En lieu et place des centaines de manifestants promis par les organisateurs, ce sont donc des dizaines de personnes ont fait le déplacement. Les mauvaises conditions météo, les promesses du Premier ministre de ne pas plier, la mauvaise image véhiculée par plusieurs nuits de violences. Autant d’éléments qui peser sur la mobilisation.

Quand on parle d’essoufflement du mouvement à Inès, jeune militante, promet une poursuite du combat contre la loi de Finances, dans la rue et en justice. « Ce qui est sûr, c’est qu’on va continuer à manifester, à organiser des manifestations. On va porter plainte devant le tribunal et on va suivre juridiquement. »

Appel à la mobilisation dimanche

Depuis le début de la semaine, plus de 700 militants ont été interpellés. Adel, la trentaine, a tenu à battre le pavé pour demander la libération des militants interpellés par la police ces derniers jours. « Nos camarades sont en prison. C’est pour cela. La vie est difficile aujourd’hui en Tunisie. L’économie est complètement détruite. »

Mais malgré la faiblesse de la mobilisation derrière les bannières de Fech Nestannew, les militants ne se découragent pas. Ils appellent à une nouvelle manifestation contre la loi de Finances le 14 janvier, pour le 7e anniversaire de la révolution. Mais aussi le 20 janvier, devant le Parlement cette fois.

Le gouvernement, lui, ne semble pas prêt à faire machine arrière. Le ministre du Commerce a déclaré vendredi qu’il n’était pas question de toucher à la loi de Finances. Et le Conseiller en communication du Premier ministre a publié une déclaration affirmant, « il n’y a pas de manifestations, mais des casseurs », et assurant que les troubles étaient en passe d’être maîtrisés.

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